#28 Un droit à l’alimentation, dans la riche Suisse?
Shownotes
Le droit à l’alimentation n’est pas garanti pour tout le monde dans une Suisse qui peine encore à reconnaître les droits sociaux. Comme dans d’autres pays riches, de nombreuses personnes en Suisse n’ont pas accès à une alimentation choisie, saine et durable. Santé, environnement et conditions de travail sont par ailleurs fragilisés par les systèmes de production alimentaire actuels. Léa Winter, co-présidente de FIAN Suisse, présente la Caisse genevoise de l'alimentation (Calim), un mécanisme qui propose une mise en oeuvre concrète du droit à l’alimentation, inscrit dans la Constitution genevoise depuis 2023.
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00:00:00: Bienvenue dans l'épisode vingt-huit, le troisième épisode en français du podcast article sept.
00:00:06: nous vous parlons des droits humains en suisse.
00:00:08: Nous nous intéressons aujourd'hui à un droit humain qui paraît tellement évident qu'il n'est pas souvent évoqué.
00:00:14: ce droit c'est le droit à l'alimentation.
00:00:17: on pourrait penser qu il est garantie ici en suisce mais ce n'ait pas le cas.
00:00:23: je m'appelle Jeanne Durafour et je vous accompagne dans cet épisode du podcast articles sept à Genève.
00:00:29: bonjour les aviteurs.
00:00:30: Bonjour Jeanne Durafour.
00:00:32: Léa Vinter, tu es co-présidente de Fianne Suisse la branche suisse de la première organisation internationale à défendre le droit à l'alimentation.
00:00:40: Tu es aussi membre de la coordination de La Calime, la caisse jeunevoise de l'Alimentation qui est une première en Suisse et tu es membre d'une plateforme des ONG suisses pour les droits humains qui rassemble tous les ONGs actifs dans le domaine des droits humanes en Suice.
00:00:54: Nous sommes aujourd'hui dans ton bureau a la maison des associations au cœur de Genève.
00:00:58: Léa, tout d'abord c'est quoi le droit à l'alimentation
00:01:01: ?
00:01:08: Le droit à émentation, il découle tout simplement de la Déclaration universelle des droits humains.
00:01:35: Il est compris dans l'article vingt-cinq au droit niveau de vie suffisant avec le logement et l'habillement.
00:01:41: C'est vraiment le basique pour assurer la dignité humaine en termes... de définition.
00:01:51: Il y en a eu plusieurs, c'est souvent les rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur le droit à l'alimentation qui ont essayé de le définir de manière exhaustive, ce n'est pas une chose facile mais j'aime bien la définition d'Olivier Deschouteur qui nous dit que le droit aux alimentations est le droit de toute personne seul ou en communauté avec d'autres d'avoir physiquement et économiquement accès à tout moment à une nourriture suffisante adéquate et culturellement acceptable.
00:02:21: Et il faut que cette nourriture soit produite, et consommée de façon durable afin de préserver l'accès des générations futures à l'alimentation.
00:02:31: Donc vous voyez là tous les éléments qui inclusent ce droit.
00:02:35: On parle d'un droit collectif.
00:02:37: C'est vraiment en plus souvent les femmes qui s'occupent de la alimentation dans les familles donc c'est elles qui assurent ce droit collectifs.
00:02:47: Il y a l'accès physique aux ressources nécessaires pour produire l'alimentation, il y a le accès économique dans tout ce qui est filé de sécurité sociale.
00:02:54: Pour ne pas se retrouver dans une situation où c'est plus possible de se nourrir correctement, il ya la question bien sûr des quantités et de qualités acceptables qui c'était vrai qu'autant où il y avait quand même pas mal de problèmes sanitaires.
00:03:07: en fait c' était en train de revenir aussi on a eu plein de scandales sanitaires et puis surtout maintenant ce que l'on découvre c'etait que l alimentations et de plus en plus fabriquée d'une manière industrielle, est souvent nocive pour la santé humaine.
00:03:23: Sans parler de la santé de la planète !
00:03:25: Donc il y a ces éléments-là et justement tout l'aspect sur la production, quel mode de production, comment on préserve les ressources naturelles pour les générations futures ?
00:03:35: et ce terme de droit à l'alimentation adéquate.
00:03:38: Effectivement, adéquat c'est censé comprendre tous ces aspects-là.
00:03:42: C'est un peu dur d'expliquer mais ensuite ce droit a été repris aussi dans le pacte relatif aux droits économiques socioculturels que la Suisse a ratifiée.
00:03:55: Et le comité des droits économique socio-éculturels a rédigé l'observation douze sur les droits d'alimmentation où vraiment tous ces aspects sont spécifiques.
00:04:09: En nineteen-cinq, trois frères à patride d'origine tchèque immigrent en Suisse.
00:04:14: Ils n'ont pas d'argent, or ils ne peuvent ni travailler, faute de pouvoir obtenir un permis, ni quitter le pays... Faute de papier !
00:04:22: Il demande alors une aide aux autorités du canton de Berne mais celle-ci leur refuse.
00:04:27: Ils saisissent alors le tribunal fédéral qui rend une première décision importante pour le droit à l'alimentation.
00:04:33: Les juges considèrent que les trois frères avaient droit à des conditions minimales d'existence afin d'éviter d'être réduits à la mendicité.
00:04:41: Ce droit n'est pas conditionné par le statut légal de la personne qui l'invoque.
00:04:46: Léa, est-ce que toute personne qui se trouve en Suisse peut recevoir un minimum vital qui garantit son droit à l'alimentation ?
00:04:52: Oui effectivement !
00:04:53: Donc la Suisse a cet article... douze dans la Constitution sur le droit des conditions minimales d'existence, il est toujours invoqué aujourd'hui.
00:05:07: Les critiques c'est que ces personnes là qui... Donc c'était toujours la même chose.
00:05:12: C'est vraiment le minimum-minimum qu'on peut obtenir quand on n'a pas de statut légal en Suisse, à dire qu'en a été débouté de l'asile ou même qu'il n'ait pas entré en matière sur son cas.
00:05:26: et en fait ce sont des personnes peuvent pas travailler.
00:05:30: Elles sont interdites de travail, c'est quand même le épis.
00:05:34: souvent, effectivement c'était la même situation et de plus en plus on peut... pas les renvoyer dans leur pays, parce que vu l'état du monde on ne peut pas humainement le faire.
00:05:43: Donc ces personnes se retrouvent complètement bloquées dans une situation paradoxe absurde.
00:05:49: donc c'est le minimum qu'on leur assure.
00:05:52: mais enfin faut se rendre compte de ce que c'était à Genève c'aient onze francs par jour.
00:05:56: donc je vois pas vraiment comment on pourrait s'assurer une alimentation adéquate rien que de pouvoir inviter des gens chez soi manger avec d'autres, enfin ça entrave très très fortement ce droit.
00:06:15: Jouin de year-end du mois de octobre, les jeunes vois et jeune voix inscrivent le droit à l'alimentation dans leurs constitutions cantonnelles.
00:06:22: Selon ce nouvel article trente-huit A, Le Droit à L'Alimentation est garanti !
00:06:26: Toute personne a droit à une alimentation adéquate ainsi que d'être un abri de la fin.
00:06:32: La pandémie de Covid-dix neuf avait révélé l'ampleur du phénomène en deux mille vingt avec les longs fils de personnes de tous âges patientant pendant des heures pour recevoir des paniers de nourriture.
00:06:42: La distribution d'aide alimentaire n'a cessé d'augmenter à Genève depuis.
00:06:46: Aujourd'hui, plus de quinze mille personnes bénéficiaient du colis alimentaires chaque semaine et le système de distribution alimentaire actuel arrive à ses limites.
00:06:56: Afin de répondre à cette problématique un projet de loi pour une alimentation solidaire et durable est en cours d'élaborations afin de mieux lutter contre la précarité alimentaire et de promouvoir une alimentation saine en incluant à la fois les communes, et les milieux agricoles.
00:07:13: Léa c'est la première fois qu'un canton suisse légifère sur le droit à l'alimentation.
00:07:17: Qu'est-ce que ce nouvel article de la Constitution pourra apporter
00:07:20: ?
00:07:22: Oui alors ça c'était notre gros combat des années passées Et on est assez fiers d'être le premier canton à avoir légiféré sur le droit alimentation.
00:07:31: En fait, c'est un peu la même articulation.
00:07:33: C'est-à-dire qu'on avait déjà dans La Constitution Jeunvoise un article sur le droits au niveau de vie suffisant.
00:07:39: mais on a décidé dans tout ce contexte du Covid de sortir, enfin de vraiment en faire un objet politique et de réouvrir le débat sur ce droit vu que c'était tellement présent... dans l'actualité et que les gens se rendaient effectivement compte des violations qui subsistaient dans ce domaine-là.
00:08:08: On a vraiment été à l'initiative de proposer quelque chose de plus structurel, que juste augmenter encore les budgets d'aide alimentaire.
00:08:16: c'est ce qu'a été fait bien sûr tout de suite au déclenchement de la crise et c'était nécessaire.
00:08:22: mais Avec nos alliés, on a vraiment essayé de réfléchir à une solution plus structurelle qui s'appuiait sur les droits humains.
00:08:31: C'est-à-dire où toutes les personnes concernées devaient participer à la construction des solutions que ce devait être des solutions non discriminatoires, que le processus se déroule en toute transparence et qu'on travaille à l'autonomisation des personnes concernée pour réduire cette dépendance et ce système basé sur la charité.
00:08:57: Donc on a vraiment... Voilà, on n'a plus travaillés avec des alliés pour faire une initiative constitutionnelle pour inscrire ce droit.
00:09:06: Ça c'était déjà en deux mille vingt après le temps que se soit traité par le Parlement.
00:09:10: ça a été acceptée au Parlement en deux mil vingt et un ou non, plutôt vingt-deux je dirais.
00:09:17: Et en fait comme c'est un changement constitutionnel il y a eu un vote populaire en janvier de l'année twenty trois.
00:09:23: donc là on a fait une coalition de plein d'assauts de la société civile et aussi des partis politiques pour défendre ce droit à l'aimentation et ça a été un grand succès avec une validation par plus de soixante-sept pour cent des votants.
00:09:40: Donc qu'est ce qui s'est passé ensuite ?
00:09:42: En fait, on était déjà en discussion avec les autorités de parler d'une politique publique de l'alimentation qui soit transversale.
00:09:51: Donc il va vraiment de la fourche à la fourchette comme on dit qu'il y a un cul à la production alimentaire, des aspects de santé et de l''environnement.
00:10:02: Il y a vraiment de l´éducation.
00:10:04: Il ya plein de secteurs qui sont concernés par ce droit.
00:10:09: Donc ça c'était notre vindication principale et elle a été écoutée parce qu'après le vote très vite, Le département de la cohésion sociale au niveau cantonal a convoqué un peu tous les acteurs du secteur pour former un comité de pilotage qui a travaillé pendant quatre mois pour élaborer des recommandations.
00:10:33: pour la rédaction ensuite d'une loi d'application, parce que ça on a l'article constitutionnel et il faut maintenant une loi d application de ce droit.
00:10:42: Donc c'est à ça qu'on travaille maintenant.
00:10:46: Le processus est assez laborieux, il a pris beaucoup de temps.
00:10:51: donc là on a eu enfin une première version de cet avant-projet de loi en octobre, qui a été soumis à la consultation.
00:11:05: Donc ça c'était vraiment très positif.
00:11:06: C'est ce que le troisième projet de loi qui est soumis cette consultation publique et il y a eu plus de trois cents contributions.
00:11:14: donc on voit quand même que la démocratie alimentaire est en marche à Genève que les gens se préoccupent de ce sujet et ont des choses à dire.
00:11:22: Ça c'est déjà un premier signal assez positif.
00:11:26: Et maintenant sur ce texte, on a tous fait pas mal de commentaires.
00:11:31: C'est un peu aller dans la direction qu'on craignait, c'est-à-dire plus une refonte du système d'aide alimentaire... C'était vrai que ça, c''est un petit peu la chose que les personnes ont le plus retenu.
00:11:46: Céphile d'attente, recevoir une nourriture qu'ont choisi pas, c´est contraire à l'indignité humaine et c´et tout à fait vrai.
00:11:53: mais du coup c´es très ciblés là dessus.
00:11:55: Et du coup, on va vers une monétérisation de l'aide alimentaire qui est une bonne chose parce qu'effectivement ça va dans le sens de l''autonomisation.
00:12:03: et puis que voilà c'est pas... Enfin personne ne peut choisir ce que les autres personnes mangent.
00:12:10: Ce n'est plus tout ce que dit ce droit.
00:12:13: là.
00:12:15: donc ça c'était bien.
00:12:15: mais après il y a toute la question de quelle alimentation on peut obtenir avec de l'aide alimentaire.
00:12:25: Et c'est vrai que nous, on milite quand même vers un fléchage sur certains types de produits, des produits bruts et nutritifs qui soutiennent aussi les paysans-paisans qui cultivent la terre autour de nous pour maintenir cette cohésion sociale entre nous et un territoire vivant qui répond au maximum à ces besoins.
00:12:51: Donc voilà, il y a cette question du fléchage vers les produits qui n'est pas du tout résolu.
00:12:56: Il y a une question de créer une fondation qui serait en charge de coordonner cet aide alimentaire.
00:13:03: c'est sûr qu'il y a un manque de coordination.
00:13:05: après que ce soit une fondations ça on est pas non plus convaincu.
00:13:12: quelques éléments assez intéressants comme l'interdiction de détruire des denrées alimentaires donc ça attaque le gaspéage immunitaire qui est énorme en Suisse et ailleurs.
00:13:27: mais voilà il y a aussi toutes ces questions de régulation des acteurs privés, de la publicité du marketing qui n'est pas abordée de manière très forte.
00:13:34: c'est plus d'encouragement mais on aurait voulu des choses un peu plus contraignantes sur certains aspects.
00:13:43: Qu'est-ce qui se passe maintenant ?
00:13:44: On attend du coup une deuxième version de ce projet de loi.
00:13:49: Il y a les communes aussi, qui sont consultées en ce moment et puis on espère vraiment qu'on aura une deuxième versions assez vite, qui puisse être validée par le Conseil d'État et soumise au Parlement.
00:13:59: mais si l'on est un peu réaliste, on se rend compte qu'il n'y aura pas de lois avant que le calendrier soit beaucoup plus long qu'un espéré.
00:14:10: Il y a un autre processus qui se déroule en parallèle, qui est lui mené par la maison de l'alimentation et du territoire.
00:14:18: Qui répond aussi à une motion qui a été déposée au Parlement cantonal sur la création d'un système alimentaire durable et territorialisé SADT.
00:14:30: Donc ça c'est un processus qu'il se déroulent depuis plus d'une année en parallèles.
00:14:35: donc là c'était une autre approche.
00:14:37: C'est vraiment... Ils ont identifié une quinzaine d'experts, expertes au temps du milieu agricole.
00:14:44: que de la santé, que de l'arrestoration.
00:14:47: Voilà juste du secteur alimentaire.
00:14:50: et ils ont travaillés ensemble sur différentes thématiques pour essayer de dégager des recommandations consensuelles.
00:14:58: donc ça c'est un travail assez intéressant qu'on suit aussi également Là, la suite, ça va au moins arriver cette année.
00:15:07: C'est qu'ils vont encore approfondir ces... Je crois que ils ont sept ou huit recommandations ou propositions qui vont être encore approfundies en élargissant le cercle de consultation et elles seront présentées le seize octobre lors de la Journée internationale d'alimentation, lors d'assises publiques à Genève ici même à La Maison des associations Et du coup, on va participer à ça aussi et c'est ce qui avance le plus vite.
00:15:34: Là en fait... Bon, ça j'en parlerai après des difficultés qu'on a mais où l'on se retrouve vraiment, c' est sur la gouvernance.
00:15:42: C'est-à-dire que eux ils vont proposer qu'il y ait un comité de l'alimentation au niveau comment ?
00:15:49: cantonale, donc ce serait quelque chose de tripartite où il y aurait autant les institutions qui sont représentées que la société civile et que les professionnels des acteurs privés du secteur.
00:16:01: Donc ça nous paraît très intéressant et c'est aussi ça qu'on a recommandé dans nos commentaires sur la loi.
00:16:07: On espère que là il y a vraiment une convergence et on va pouvoir avancer sur ce conseil de l'alimentation.
00:16:13: En tout cas, de notre côté société civile on a déjà créé un conseil citoyen de l'alimentation qui regroupe tous les acteurs qui ont participés à ce processus autour de la loi depuis trois ans maintenant.
00:16:27: Donc ça a été créée en septembre twenty-vingt cinq.
00:16:30: et puis du coup on est vraiment prêts à interagir avec les autres acteurs pour avancer sur cette gouvernance partagée.
00:16:41: Deux tiers des personnes surendettées mongent moins et moins bien en raison de leur situation financière à Genève.
00:16:47: C'est le résultat d'un sondage que Caritas et la Fondation Jeunevoise de désendettement ont mené auprès de leurs bénéficiaires en twenty-quatre.
00:16:55: Comment on explique cette situation ?
00:16:57: Est ce que c'est particulier à Genèvre ?
00:17:00: Alors, il faut quand même signaler... que Genève a un indice de Gini très haut.
00:17:08: C'est-à-dire que c'est un des cantons où les inégalités sont les plus fortes en Suisse, donc on a effectivement toute l'image bling bling de la Genève internationale et du luxe
00:17:20: etc.,
00:17:21: mais le nombre de personnes qui sont en situation de précarité ou à la limite est également très important.
00:17:32: On n'a pu... Enfin voilà, il y a eu une étude qui a été menée enfin dans le contexte du Covid en twenty-quatre ou qui a identifié qu'à Genève, en deux mille vingt trois c'est soixante milles personnes qui ont eu recours à un dispositif d'aide alimentaire.
00:17:49: C'est-à-dire douze pour cent de la population.
00:17:52: quoi donc?
00:17:52: ça est vraiment énorme.
00:17:54: Donc ce n'est pas seulement les ménages sur endettés, c'était vraiment tout le monde maintenant qui utilisent l'alimentation comme variable d'ajustement des budgets.
00:18:08: et ce budget dédié à la alimentation, il chute drastiquement.
00:18:13: On est aussi un de plus bas d'Europe.
00:18:17: C'était près de cinquante pour cent de nos dépenses au début du XXe siècle.
00:18:21: Et maintenant en Suisse je crois que c'est onze mais à Genève c'es six-virgule quatre quoi !
00:18:27: C'est vraiment minime, bon.
00:18:29: après aussi il y a des salaires très hauts.
00:18:30: Le salaire moyen est à plus de sept mille francs en Genève.
00:18:35: donc il faut s'y prendre ça en compte.
00:18:37: mais la vérité c'est que ces statistiques aussi c'était ce qu'on achète comme alimentation.
00:18:45: donc ça n'inclut pas tout ce qui est repas à l'extérieur qui sont aussi très importants maintenant.
00:18:52: Et c'est comme ça qu'on explique cette chute du budget.
00:18:55: mais aussi avec un... Voilà, l'influ... C'est qui décide de ce que l'on mange.
00:19:01: C'était tout un système agroalimentaire qui nous influence et qui décida pour nous quoi.
00:19:08: Les conséquences sont vraiment très fortes.
00:19:11: donc on parle pas de réussir à s'allémenter de manière suffisante, mais on parle aussi d'une épidémie des maladies chroniques.
00:19:21: Il y a une mauvaise alimentation.
00:19:24: Maintenant c'est quarante-trois pour cent de la population suisse qui est en situation de surpoids depuis quelques années.
00:19:30: On a maintenant aussi des chiffres inquiétants les enfants de moins de cinq ans dans des situations d'obésité.
00:19:35: donc la situation elle est vraiment très grave quoi.
00:19:42: et puis ça découe énorme aussi sur les budgets publics.
00:19:47: Et c'est dans ce contexte que plusieurs organisations de la société civile lancent « La caisse jeune voie » de l'alimentation, « La calime ».
00:19:55: À quoi sert cette caisse et comment est-ce qu'elle aide à réaliser le droit d'alimmentation ?
00:20:01: Alors « La Calime », C'est le projet ou là proposition qu'on a fait justement dans tout ce processus de consultation autour de la loi.
00:20:11: De dire en fait il y a une autre façon d'envisager les choses ça nous vient pas mal de France, avec le mouvement pour l'agriculture paysanne et citoyenne dont je fais également partie.
00:20:25: On a étudié un livre d'un atelier paysan qui s'appelle reprendre la terre aux machines et qui parlait aussi de cette socialisation de l'alimentation qui repose en fait sur trois piliers.
00:20:40: c'est l'universalité ça veut dire que c'était un système solidaire où tout le monde peut participer.
00:20:46: On arrête de parler, il faut des telles conditions, de revenus pour pouvoir accéder à tel dispositif.
00:20:52: Là c'est vraiment un dispositif qui se veut ouvert à toutes et tous.
00:20:56: C'est un système qui est financé par les cotisations sociales.
00:21:00: donc ça c'et vers quoi on tend ?
00:21:02: Pour l'instant comme on est tous en stade d'expérimentation, ce sont les cotizations volontaires des participants et le choix des prémocratiques.
00:21:12: C'est-à-dire que là, c'est là où on arrive avec cette idée de fléchage ou en fait un comité citoyen qui représente les mangeurs-mangeuses qui va décider des lieux
00:21:26: où l'on
00:21:26: peut dépenser cet allocation selon des critères justement économiques sociaux, de gouvernance... Enfin tout ce qu'on veut quoi !
00:21:35: Donc c'était ça le concept.
00:21:36: donc On s'est pas mal inspiré justement des expérimentations qui ont cours en France et en Belgique depuis deux, trois ans.
00:21:45: Et c'est ça qu'on a un peu affinée pour pouvoir expérimenter aussi à Genève.
00:21:52: Donc on s'était lancés en twenty-quatre.
00:21:57: On a fait un appel assez large pour que les citoyens citoyens, les habitants rejoignent un comité de la alimentation, comité citoyen de la éventation pour discuter ensemble.
00:22:10: On travaille aussi sur le lien de proximité.
00:22:12: que vraiment dans notre quartier, qu'est-ce qu'on trouve comme commerce qui vende de la nourriture ?
00:22:19: Quelle est cette nourritur ?
00:22:20: Comment elle coûte ?
00:22:21: Comment il y a les produits ?
00:22:23: Qu'est ce qu'il nous manque ?
00:22:26: Ou est-ce on mange comment on mange ?
00:22:27: Toutes ces questions là sont passionnantes.
00:22:29: tout le monde en fait à plein de choses à dire et à partager Et du coup, ça a bien marché.
00:22:34: C'est vrai que j'étais assez surprise parce qu'on dit encore un nouveau truc, un nouveau comité et encore un nouvel engagement... plein de personnes qui se sont intéressées au projet et qui nous ont rejoint.
00:22:45: Donc on a démarré avec une quarantaine de personnes en twenty-quatre, on a demandé un engagement sur l'année donc de faire sept séances d'une demi journée avec nous où on allait s'informer échanger sur nos pratiques, sur le système alimentaire, sur les enjeux de santé, d'environnement... Et on a fait ça toute l'anée de twenty quatre !
00:23:06: Et on est arrivés justement à ce concept de caisse, ça commence à aller fonctionner.
00:23:10: Combien on allait cotiser ?
00:23:12: Est-ce qu'on allait demander le revenu des gens ou pas ?
00:23:14: Enfin voilà toutes ces questions que l'on a du trancher.
00:23:16: c'est quoi nos critères pour une alimentation adéquate choisie ?
00:23:20: Donc ça a été un travail passionnant de démocratie alimentaire.
00:23:25: On décide tout à quarante au consentement.
00:23:29: donc c'était vraiment une expérience fascinante.
00:23:33: Donc concrètement comment ça se passe.
00:23:35: En fait, donc on a lancé la caisse officiellement en octobre twenty-fingt-cinq.
00:23:40: Tout le monde peut rejoindre la caisses.
00:23:43: Auto détermine le montant de sa cotisation selon ses moyens.
00:23:48: On a développé des outils pour aider à se situer.
00:23:51: C'est à la fois un tableau situation assez subjectif sur comment... On est par rapport à notre budget alimentaire et aussi une échelle plus classique de revenus pour se situer qui flèche vers des niveaux de cotisation.
00:24:09: Donc la personne choisie, pour elle ou pour son groupe on peut s'inscrire en groupe avec les personnes à qui on partage son budget alimentaires donc sa famille, sa coloc etc... On s'Inscrit et tous les adultes au dessus de quatorze ans c'est C'est le point de bascule chez nous, parce que les ados mangent beaucoup de ce qu'on nous a dit.
00:24:32: Donc à partir de quatre ans toutes les personnes qui participent à la caisse reçoivent l'équivalent de cent cinquante francs par mois pour s'acheter de la nourriture dans des lieux que le comité citoyen a visité étudiée analysées et validés.
00:24:50: Donc ça se passe comme ça.
00:24:52: Et en fait du coup pour garder ce système fermé, si on veut... On a développé un crédit numérique qui s'appelle le radis et les personnes reçoivent des radis, et peuvent dépenser ces radis que dans les lieux qu'on a choisis.
00:25:07: L'alimentation a été au coeur de plusieurs initiatives populaires ces dernières années mais la plupart ont échoués dans les urnes.
00:25:14: En septembre, le peuple suisse refuse l'initiative populaire sur la souveraineté alimentaire lancée par le saint Dica Agricole Unitaire ainsi que celle des jeunes verts vertes pour des aliments équitables.
00:25:26: En février, le peuple avait également rejeté l'Initiative des Jeunes Socialistes visant à interdire la spéculation sur les matières premières et les dents réalimentaires.
00:25:35: Et en deux mille dix-sept, les Suisses et
00:25:37: Suissesses
00:25:38: avaient acceptés d'ajouter un article sur la sécurité alimentaire dans leur constitution.
00:25:43: Lors de la dernière session parlementaire fédérale en mars, le Parlement a rejeté l'initiative sur l'alimentation.
00:25:51: Les parlementaires ont jugés qu'il était irréaliste de vouloir faire passer le degré d'autosuffisance de la Suisse de quarante-six pour cent acceptantes.
00:26:00: Léa, le sujet de l'Alimentation est-il pris au sérieux par les politiques au niveau fédéral en dehors du Genève
00:26:06: ?
00:26:08: On peut se poser la question effectivement !
00:26:11: C'est vrai que très vite après la votation à Genève, on s'est dit qu'il faut qu'on fasse la même chose à Berne pour inscrire ce droit dans la Constitution fédérale.
00:26:21: comme ça tous les cantons pourront suivre.
00:26:23: On était assez... assez encouragée par le plébiscite populaire qui avait eu à Genève, mais qu'on a commencé à faire nos consultations à Berne etc.
00:26:32: On a vite été découragés.
00:26:35: C'est sûr que ce n'est pas le même niveau d'appréhension des enjeux.
00:26:40: On encore apparemment de la peine à parler de politique et de l'alimentation.
00:26:44: On est toujours sur les politiques agricoles ou sur l'aide alimentaire ou sur... l'aide sociale.
00:26:51: donc voilà il y a un peu de peine à lier les enjeux et à vraiment travailler de manière cohérente.
00:26:57: On est toujours dans ces politiques de silo au niveau fédéral, mais c'est vrai qu'à Genève ce n'est quand même pas non plus encore si facile de travailler sur des politiques transversales qui adressent des enjeus divers.
00:27:10: Donc on a quand même plus de marge de manœuvre au niveau cantonal et municipal, mais c'est vrai qu'il y a quand-même des gros verroues aux niveaux fédérales que l'on a de la peine à adresser.
00:27:20: Surtout ce qui concerne le foncier... Il y a d'énormes blocages.
00:27:26: On a un gros problème de transmission des fermes.
00:27:30: Là il y a de moins en moins de paysans-paysans.
00:27:36: Il y a trois fermes par jour qui cessent leurs activités en Suisse.
00:27:40: Donc ça veut pas dire qu'elles disparaissent comme ça, mais c'est que souvent la ferme est reconvertie en logements qu'on peut louer grassement et puis les terres sont juste absorbées par les voisins parce que notre système de subvention agricole rémunère à la surface.
00:28:00: donc plus on a une grande ferme, Plus on a de grosses machines, plus il y a tout ce système de courses infernales à la productivité et à l'économie d'échelle qui fait qu'on se retrouve... La Suisse c'est un petit pays mais si on regarde ce qui se passe en France, rien qu'en France.
00:28:19: Il y a un paysan tout seul sur son tracteur qui a des centaines d'hectares et qui est déprimée parce qu'il n'arrive même pas à en vivre.
00:28:27: donc le malaise paysan Il est énorme, il est intense ici aussi en Suisse et on voit qu'on a de la peine à avancer sur ces sujets.
00:28:39: On va être forcés et ça va être sans doute dramatique s'il n'y a pas une prise de conscience des autorités à tous les niveaux de cet enjeu-là de garder quand même des savoir faire, des pratiques transparentes que l'on peut contrôler parce que c'est accouté de chez nous et qu'on ne peut pas continuer sur ce système d'avantage comparé à se dire que nous, on va faire que de la pharma et des bureaux.
00:29:07: Et puis l'alimentation sera produite dans d'autres pays.
00:29:11: Ce n'est absolument pas possible de rester dans ce système qui est basé sur l'exploitation.
00:29:20: Et consommer est aussi un acte politique ou
00:29:22: militant.
00:29:23: Se nourrir ici a aussi des implications ailleurs notamment dans les pays qui exportent les matières
00:29:28: premières.
00:29:30: Et l'État doit également veiller à ce que toutes les personnes puissent réaliser leurs droits à l'alimentation, ce qui implique le respect de conditions de production et de commerce équitables à létrangers aussi.
00:29:40: Or dans de nombreuses régions du monde des communautés locales doivent défendre leur moyen de subsistance face à des multinationales dont certaines ont leur siège en Suisse.
00:29:49: On peut citer l'exemple du chocolatier Lintz qui utilise des pesticides toxiques dans les plantations de cacao au Ghana par exemple.
00:29:56: Et en Suisse, l'initiative pour des multinationales responsables a été rejetée par la majorité de cantons en-deux mille vingt.
00:30:03: Au niveau international, lONU élabore depuis onze ans un accord sur les entreprises transnationales et les droits humains.
00:30:10: Jusqu'à présent le Conseil fédéral a refusé de participer activement à l'élaboration de ce traité contraignant.
00:30:16: Léa pourquoi le gouvernement ne veut pas s'impliquer ?
00:30:19: Est-ce que c'est parce que la Suisse est notamment genève et est au lieu d'un égosse des matières premières?
00:30:26: Oui, il y a plein de raisons à ça.
00:30:32: Mais c'est vrai que c'était un peu la schizophrénie de la Suisse et de Genève en particulier qui est le siège du Conseil des droits humains et aussi l'un des pôles les plus importants du commerce de matière première qui repose sur l'aspolliation et l'exploitation.
00:30:49: donc on a vraiment ce problème... d'incohérences entre les différentes politiques, entre les politiques commerciales et des politiques de d'autres développements par exemple qui vont soutenir les petits paysans pour leur subsistance, qui vont investir dans l'agroécologie.
00:31:05: Et puis à côté des investissements massifs dans des secteurs extrêmement nocifs aussi pour l'alimentation et la agriculture.
00:31:14: Donc voilà comme partout, la politique menée est le résultat de rapport de force.
00:31:24: Et vu que notre politique fiscale attire des acteurs économiques très puissants et qui savent très bien se défendre leurs intérêts... à quoi on se hurte, la Suisse ça reste un pays quand même très conservateur qui réagit plutôt qu'il l'innove ou qu'ils essayent de nouvelles choses alors qu'on en aurait les moyens surtout dans le domaine social.
00:31:51: et c'est vrai que il y a assez peu de considération pour le travail.
00:31:55: des droits humains.
00:31:56: pour cette approche, la Suisse ne reconnaît pas les droits humanes comme des droites contraignants mais plutôt comme des buts sociaux vers lesquels on devrait tendre.
00:32:05: Donc il y a un peu de mépris par rapport à ces droits fondamentaux et du coup ça découle des problèmes de justiciabilité où on a vraiment de la peine à faire reconnaître ses droits, à obtenir des réparations ou des compensations en cas de violation.
00:32:23: et il y a une forme d'aveuglement, comme si tout allait bien en Suisse alors que si tout le monde consommait comme nous, il nous faudrait trois planètes.
00:32:31: Et qui paye ce coût de cette surconsommation ?
00:32:35: C'est les populations marginalisées loin de chez nous qu'on ne voit pas au quotidien et qu' on peut du coup rester dans cet aveu aveuglement.
00:32:44: Mais c'est vrai que quand on voit ce qu'on fait les aînés pour le climat qui sont sortis de la Suisse, pour aller demander ce que l'on pensait.
00:32:52: La cour européenne des droits de l'homme... C'était sans appel !
00:32:57: On ne fait pas ce qu il faut avec les moyens qu'il y a en Suisse pour travailler à la transition écologique et sociale.
00:33:05: L'Etat a également l'obligation de s'assurer que les particuliers ne violent pas le droit à l'alimentation, en prenant par exemple des mesures pour lutter contre la pollution de l'environnement qui menace la production alimentaire.
00:33:16: L'incorot industrie a de graves conséquences sur le climat.
00:33:20: au-delà du gaspillage alimentaire, l'agriculture intensive pollue les sols, l´eau et l´air.
00:33:25: mais il faut aussi acheminer, stocker et détruire ces aliments ce qu'il y a un coût environnemental.
00:33:31: En Suisse, on est malheureusement obligé d'emporter la grande majorité de ce que nous consommons.
00:33:36: Est-ce que la production locale est vraiment plus écologique que l'importation ?
00:33:42: Tout dépend de ce qu'on produit et comment en fait du territoire qu'il y a. donc effectivement en Suisse on est autonome qu'à cinquante pour cent par rapport à l'alimentation de la population que c'est la moitié qu'on importe, et à Genève les chiffres sont encore plus marquants.
00:34:04: C'est-à-dire qu' on est autonomes théoriquement à quinze pour cent de ce qu'ils consomment mais en fait on en exporte la moité de ce qui produit à Genèvre dans le reste de la Suisse principalement, c'était-à dire qu'il s'est spécialisé à Genège dans la culture hors sol des tomates, des concons, des aubergines sous serre chauffé... Et voilà la spécialité du canton !
00:34:29: Quand on qui produit le plus de tomates en Suisse, HLF.
00:34:34: Donc c'est comme ça que notre système alimentaire fonctionne aujourd'hui il est organisé par et pour l'industrie agroalimentaire où il faut faire des économies d'échelle produire au coût les plus bas possibles fournir des alimentations au cou le plus pas possible.
00:34:55: et puis en fait les coups sont énormes, les coup cachés sont énorme.
00:34:59: Tant sur l'environnement avec une serre chauffée c'est plus d'effet de gaz à effet de serre qu'une tomate en plein terre de saison ça s'est évident.
00:35:12: Et en se spécialisant à outrance dans la production, ça fait qu'on doit pour avoir une diversité d'aliments importer le reste.
00:35:21: Donc voilà tous ces trucs de transport sont énormes.
00:35:26: et puis ça donne un modèle qui n'est pas avivable.
00:35:31: quoi?
00:35:31: des fermes toujours plus grandes avec plus de machines, de monoculture c'est extrêmement... vulnérables au changement climatique, alors que si on serait sur des fermes plus diversifiées qui fonctionnent avec un cycle fermé où elles peuvent éviter les déchets, garantir un approvisionnement varié même en bio parce qu'il y a une culture marche moins bien et il y en a de nôtres qui marchent mieux.
00:36:00: Tout ça on le sait c'est complètement minorisé.
00:36:05: et voilà la Genève qui a fait des investissements notamment publics massifs dans cette agriculture industrielle, de parler de bio c'est très compliqué.
00:36:17: Donc il y a des fronts qui sont assez durs et puis on espère pouvoir les dépasser et pouvoir vraiment travailler ensemble vers un horizon commun désirable
00:36:31: pour tout le monde.
00:36:34: Le rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation de l'ONU a dénoncé en avril, un système financier international qui entrave délibérément la capacité des gouvernements.
00:36:49: Les dépenses annuelles de publicité et de communication du secteur agroalimentaire s'élèvent en France par exemple à cinq milliards d'euros, soit mille fois plus que le budget de communications du programme national sur la nutrition et la santé.
00:37:03: Ce qui oriente fortement les choix des consommatrices et consommateurs, en particulier vers des produits trop gras, sucrés ou salés.
00:37:10: Et en Suisse, Greenpeace a calculé que la publicité dans le secteur alimentaire notamment par La Coppe et La Migros, en particulier pour les produits d'origine animale exerçait une pression très importante sur l'environnement.
00:37:23: Léa il y a-t-il des mécanismes de régulation en Suisses pour cadrer et réguler ce type d'action à des acteurs privés ?
00:37:31: C'est vrai que souvent quand on parle avec les autorités, on a l'impression qu c'est complètement impossible alors que ça fait clairement partie de leurs obligations des droits humains.
00:37:43: De protéger les droits humanes, c'était à dire d'empêcher que des tiers portent atteinte assez droit et effectivement dans ce cadre-là des droites humain, les tiers c'aient souvent des acteurs privés qui ont leurs intérêts à cœur, mais pas du tout l'intérêt général.
00:38:07: Et tous les accords commerciaux et la liberté économique semblent être placés en-dessus de tout et inactacables alors que... c'est des lois et des accords comme les autres qu'on pourrait rediscuter, redéfinir.
00:38:22: Il est vraiment grand temps de réorienter les politiques agricoles et alimentaires si on veut continuer à vivre sur cette planète.
00:38:32: parce que le système alimentaire actuel il est ultra dépendant aux énergies fossiles extrêmement nocifs pour la biodiversité.
00:38:39: Ils dégradent les sols qui sont de moins en moins fertile, polluent l'eau, l'air et surtout reposent sur l'exploitation des personnes.
00:38:49: Enfin... En Suisse oui l'alimentation coûte cher mais parce qu'on a un cadre sur le droit du travail.
00:38:55: et puis que on estime... Déjà, par exemple la Genève exclut du salaire minimum les paysans-paisanes.
00:39:05: Donc ils ont déjà des conditions de rémunération extrêmement basse, des conditions très dures avec un nombre de heures par semaine bien au delà de la plupart des métiers.
00:39:16: et c'est encore ça où on dit que c'était trop cher alors que ce qu'on trouve dans le supermarché en Suisse ou des fruits, des légumes qui sont récoltés par les personnes en situation de quasi-esclavage dans le sud de l'Europe.
00:39:35: Il faut le savoir et il faut le dire, il faut ouvrir les yeux et puis être conscient de ça quoi !
00:39:42: Cette course au bas prix détruit l'environnement et la santé humaine et fait disparaître nos paysans-paisanes on perd des savoir faire essentiels pour notre résilience à un moyen long terme.
00:39:57: Donc il est vraiment grand temps de réguler les acteurs et de promouvoir des politiques publiques qui garantissent à tous et toutes une alimentation durable et de qualité.
00:40:09: Et l'alimentation est aussi une question démocratique.
00:40:13: Pour la calime, les citoyennes et les citoyens ont pourtant encore trop peu de pouvoir sur ce qui se décide en matière d'alimentations.
00:40:19: Les choix qui structurent notre système sont souvent faits sans celles et ceux qui mangent et produisent notre alimentation.
00:40:25: comme tu le disais.
00:40:27: Notre voisin La France s'est dotée d'un conseil national de l'Alimentation.
00:40:31: Ce Parlement de l'alimentation conduit depuis quarante ans un processus de concertations qui intègre les préoccupations des filières concernées et la société civile.
00:40:41: Au niveau de l''Union européenne, l'initiative citoyenne pour le droit à l'Alimentation propose aux citoyennes et aux citoyens d'un moyen de peser directement dans les décisions européennes.
00:40:51: Léa comment justue toutes ces initiatives ?
00:40:54: Est-ce qu'elles sont positives ?
00:40:56: Est ce que elles ne vont pas encore assez loin?
00:41:00: Il faut quand même saluer ce qui doit être salué, je pense que c'est quand même très positif.
00:41:06: C'est vrai que quand on a lancé toute cette discussion sur le droit d'alimentation à Genève... On n'en aimait pas quoi ?
00:41:13: Le droit de alimentation ?
00:41:15: Il faut une définition qu'on ne prend pas ?
00:41:17: Ça veut dire quoi ?
00:41:18: Dès quoi ?
00:41:18: Enfin voilà !
00:41:19: Il y avait beaucoup de difficultés mais on s'est accrochées à dire non.
00:41:23: en fait On garde la définition du droit alimentation, du droit international.
00:41:28: Ça figure ainsi dans le constitution jeunevoise et on explique ce que ça veut dire de réfléchir selon ce spectre des droits humains.
00:41:40: Et moi j'ai quand même l'impression Enfin voilà, j'avais été quand même aussi échaudée.
00:41:46: quand on fait carrière dans l'histoire humaine.
00:41:48: C'est pas souvent qu'on peut se réjouir mais là je n'ai vraiment pu voir en fait que ça changeait la perception des gens de parler de droits.
00:41:58: Ça sort.
00:41:58: l'alimentation c'est un bien de consommation comme les autres qui s'achètent et qui s'séchangent.
00:42:03: C''est plus que ça, c' est un droit fondamental constructif de qui on est, comment on interagit les uns avec les autres.
00:42:11: et du coup j'ai senti que les gens disaient, ok en fait je suis le trois de dire ce que j'en pense.
00:42:18: J'ai le droit de participer à cette discussion ça me concerne.
00:42:20: tout le monde a toujours quelque chose à dire sur l'alimentation.
00:42:24: c'est aussi très lié à nos histoires personnelles.
00:42:26: donc moi je trouve super que ces initiatives permettent de mettre L'alimentation à l'agenda politique, à tous les niveaux.
00:42:35: Ça fait des sujets de débats publics on en parle et les gens s'en saisissent.
00:42:42: donc je pense que ça vaut vraiment la peine.
00:42:44: c'est vrai que ce qu'on fait à La Calime c'était hyper... hyper stimulant, hyper encourageant.
00:42:51: Ça crée beaucoup d'engouement.
00:42:52: là on fait encore des soirées de présentation tous les mois et puis il y a à chaque fois une cinquantaine de personnes qui trouvent ça trop génial.
00:42:58: enfin c'est aussi un moyen voilà très concret de rentrer en action d'être solidaires de participer Et de se dire que les droits humains ne sont pas perchés là-haut, ça peut vraiment se concrétiser sur le terrain.
00:43:13: On peut y participer et je trouve que cela fait bien la différence.
00:43:19: Merci beaucoup Léa !
00:43:21: Article set est un projet de Human Rights.ch produit par podcastlab.ch modéré en allemand par mon collègue Christophe Kelleher et en français par moi, Janne Ureffour.
00:43:31: Article Set nous vous parlons des droits humains en Suisse et publiez tous les derniers vendredis du mois sur tous les canaux le site de humanrights.ch et sur podcastlab .ch.
00:43:40: On se réjouit de vous retrouver !
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